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Je ne sais pas si je pourrai un jour prouver que mon entreprise travaille bien...

January 18, 2018

 

En temps normal, quand vous avez bien travaillé, on pourrait penser que votre client aura tendance à revenir vers vous et à vous privilégier...

 

C'est en grande partie vrai pour mes clients Hic et Ubiq qui sont des particuliers, ça l'est moins et même beaucoup moins pour les travaux répondant à un appel d'offres public...

 

 

les appels d'offres publics

 

Mon intention n'est nullement de remettre en cause le fait que tout acheteur public puisse acheter le moins cher possible et ainsi faire réaliser des économies à la collectivité. En tant que citoyen, je trouve louable cette idée et je ne sais que trop qu'au final ce seront les contribuables qui paieront la note...

 

Je ne me risquerais donc pas de faire un cours magistral sur le déroulement et les procédures de ce type d'achats, je parlerai simplement du déroulement de la phase de comparaison des offres.

 

 

le mémoire technique

 

Dans le code des marchés publics, à partir d'un certain seuil, la procédure d'appel d'offres est rendue obligatoire.

 

Ce qui sous-entend que l'on doit avoir plusieurs réponses à un appel pour pouvoir comparer.

 

L'attribution du marché doit répondre à tout un protocole de façon à départager les différentes offres dans une réelle transparence et objectivité.

 

Des procédures permettant d'obtenir un classement des réponses sont établies et vont servir de base afin de déterminer quelle société sera la plus en adéquation avec le cahier des charges.

 

Pour palier à la logique pure du tarif systématiquement le plus bas retenu, on va apprécier l'offre de chacun des candidats en fonction de critères qui sont normalement indiqués dans un règlement de consultation.

 

Ces critères sont laissés à l'appréciation des acheteurs et peuvent prendre en considération :

les références de l'entreprise,

l'aspect technique des prestations ou produits proposés,

la capacité de l'entreprise à répondre et à réaliser les travaux demandés,

la prise en compte des délais et le respect du planning,

ou encore un volet sur le développement durable

etc, etc...

 

Le Mieux Disant

 

Chaque critère, celui du prix y compris, est noté et permet ainsi d'avoir une note globale pour chaque proposition. La meilleure note sera retenue et c'est ce qu'on appelle communément l'offre "la mieux-disante."

 

Tout est donc relativement clair mais il n'en demeure pas moins vrai que parfois, à vouloir rendre les choses les plus transparentes possibles, on a tendance à les rendre plus opaques...

 

Les critères, qui au départ devaient éclaircir et permettre de mieux comparer les offres, deviennent parfois très obscurs sans qu'on ne sache vraiment ce qui a prévalu l'attribution de chacune des notes...

 

Et on a parfois la surprise de voir certaines entreprises, maintes fois décriées, obtenir les meilleures notes !

Les membres du jury expliquant, de bonne foi il est vrai, qu'il est très difficile d'écarter les offres anormales, ou suspectées comme telles. Leur jugement se faisant au regard d'un mémoire écrit et non pas au vu des réalisations passées ou par le peu de vérification des informations données.

 

Et comme il arrive de temps en temps qu'un perdant, notamment quand il est "le moins-disant," (ou le moins cher) n'accepte pas sa défaite, il a la possibilité de faire un recours devant le tribunal administratif... et là c'est le début des...

 

A la seule idée d'évoquer cette éventualité et parce que certains services ne veulent prendre aucun risque, le mémoire technique devient alors une formalité.

Comme si alors, avoir la capacité à mieux travailler ou à être le plus à même de finir dans les délais, n'était pas une raison suffisante pour évincer les "cas critiques" ou les "retardateurs..."

 

C'est aussi sans compter tous ceux qui voient le mémoire technique, comme une obligation de payer plus cher ce qu'on pourrait payer moins cher.. estimant ainsi que toutes les prestations se valent... Et tous les mémoires techniques se voient attribuer la même note...

 

 

le principe d'égalité

 

On peut difficilement remettre en question ce principe et c'est somme toute logique. Mais, démarrer chaque dossier en repartant de zéro à chaque fois est assez perturbant, usant.

Avoir à démontrer ce qu'on sait faire et ce qu'on a déjà fait pour des personnes qui vous connaissent déjà est épuisant...

 

On pourrait alors se dire que la solution serait de développer un produit propre et spécifique, permettant de vous placer au dessus de la mêlée.

 

Malheureusement les innovations se voient régulièrement refuser le droit d'apparaître dans un cahier des charges de ce type d'opérations !

 

Comme par essence même ce produit ne peut pas avoir de produit identique ou similaire, le législateur considère ainsi qu'il ne peut y avoir de comparaison possible et donc refuse cette situation...  

 

Il la juge contraire à la règle de l'égalité des offres !

 

Le Législateur veut bien que l'on développe de nouveaux produits mais pas pour en tirer personnellement profit et un intérêt au détriment de ses concurrents...!

 

De la même façon, puisqu'il faut parler d'égalité, pour ceux qui analysent correctement leur dossier, lorsqu'ils s'aperçoivent d'incohérences et d'erreurs,  plutôt que de répondre en connaissance de cause et de le prendre seul en considération, ils ont obligation d'en faire part à chacun des concurrents via une plateforme de questions réponses.

 

En clair les bons élèves travaillent pour les mauvais !!! 

 

 

l'éternel recommencement

 

On le voit bien, que sous de louables raisons de bien et mieux acheter dans le Service Public, les entreprises, même connues, mêmes reconnues, même peu recommandées et même pas du tout recommandables, partiront à chaque appel d'offres avec les mêmes chances de gagner..

 

Alors bien sûr, je ne fais pas une généralité de ce type de procédures, ni ne m'offusque trop de cet état de fait. J'ai dû à plusieurs reprises faire partie des mauvais élèves...

 

Je me dis simplement que par ce mode de passation des marchés, il serait illusoire de penser que ce sont toujours les meilleurs qui gagnent...

 

Les Juges étant obligés en partie de faire table rase du passé,

puisqu'il n'est pas toujours nécessaire de s'appuyer sur la capitalisation de ses acquis pour faire la différence...

les mauvais ont alors le droit de se refaire une virginité  à chaque nouvelle partie, et on leur pardonne presque tout...

 

Heureusement que le Législateur n'a pas encore songé à s'inspirer des courses hippiques ! Imaginez...

 

Et s'il infligeait un handicap aux meilleurs pour permettre de rendre plus belle et hasardeuse l'arrivée...!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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