l'effet papillon ou la quadruple peine des assureurs crédit...

January 24, 2018

 

J'avais tellement envie de leur faire découvrir mon innovation que j'en ai oublié l'essentiel de ma présentation... ne pas la présenter !

 

Comme quand vous allez déposer ou soumettre un projet de financement d'une machine dernier cri, si vous ne démarrez pas tout de suite par ce que va vous faire gagner de plus le futur investissement, il y a de fortes chances que votre Boss vous demande très rapidement dans la conversation et de façon très laconique :

"Combien ça va me coûter !"

 

Et là on rame, jusqu'à ce que le Chef convienne, comme d'habitude, que dans votre balance, le poids des arguments positifs l'emporte allègrement sur celui des points négatifs... au moins avec lui on peut discuter !

 

L'agence d'assurances crédit, n'est pas mon Boss, je n'ai rien à lui soumettre, ni rien à lui vendre d'ailleurs, alors qu'est ce que j'avais besoin de lui parler de mon invention !

 

l'assurance crédit

 

De façon à réduire le risque d'impayés entre entreprises, le fournisseur cherche toujours à éviter une éventuelle défaillance de son client. Il a tendance à s'appuyer sur un organisme qui prendra en partie ce risque.

 

Jusque là, je trouve plutôt louable qu'un organisme offre des garanties à son client pour couvrir les risques économiques, non paiement de dettes commerciales et politiques pour ceux qui ont des activités à l'international.

 

Le principe est simple et lui aussi louable, on visualise la situation de l'acheteur, on l'analyse et  on la note en combinant la divulgation d'un encours acceptable et qui sera garanti par ses propres services...

Jusque là rien à dire...


Ce qui est un peu plus tendancieux, c'est que pour limiter les risques, ces assureurs fixent les règles du jeu en notant et en cotant les entreprises de façon à bien identifier les éléments jugés perturbateurs... limitant par ainsi même leurs éventuels remboursements... En clair, je m'engage à assurer quand la situation est saine et je me retire si j'entrevois un risque latent...

 

Ce qui en définitive, revient à dire que l'assureur se conduit en totale... 

 

situation de juge et parti.

 

Ils rémunèrent leurs conseils et surveillances du portefeuille clients donné, 

facturent l'encours garanti qu'ils ont fixé eux mêmes,

facturent la gestion des contentieux et recouvrements et 

garantissent les impayés dus à une défaillance toujours dans la limite de leurs préconisations.

 

C'est bien évidemment l'orientation de leurs conseils qui déterminent la hauteur de leur prise de risque et donc de la minimisation de leurs engagements.

 

Leurs clients à juste titre, soucieux du moindre impayé,

se fient scrupuleusement à leurs avis...

limitent ainsi les défauts de paiement... 

et réduisent par voie de conséquence leur niveau de crédit-clients ! 

 

C'est donc en dégradant la note de l'acheteur que le fournisseur sera amené, lui aussi, à dégrader ses conditions commerciales avec son partenaire.

La dégradation se matérialisant en fait par la baisse significative des encours accordés.

c.q.f.d.

 

Plus les notes sont dégradées et moins le fournisseur aura envie de continuer à commercer sereinement avec son client, allant jusqu'à lui demander de payer à la commande du produit ! Ce qui sous entend bien évidemment que si la trésorerie est déjà tendue pour le client, ce nouveau mode de règlement risque d'empirer sa situation.

 

Bien loin de vouloir encourager les mauvais payeurs, on voit bien quand même, que dans ce système, l'assureur est en situation d'entière maîtrise de son risque avant même de penser au risque de son client...

 

J'ajouterai enfin que les 3 plus grands assureurs, dans le domaine, représentent plus de 80% du marché en France... Inutile de dire qu'ils ne se privent pas d'user de cette position dominante... d'autant plus que dans leur système de notation, aucun contre pouvoir n'est permis et autorisé.

 

Vivons heureux, vivons sans divulguer !

 

Trop content des démarches entamées pour notre projet innovant, je répondais aux sirènes de la consultante Junior de l'agence d'assurance-crédit acceptant pour la première fois, de la recevoir pour lui faire visiter l'entreprise et lui présenter la star : Hic et Ubiq ! 

J'étais d'autant plus fier et confiant que nous venions d'obtenir un prêt conséquent, nous permettant de financer le développement commercial du Meuble qui tourne.  (prêt qui n'est quasiment jamais consenti par les banques car sans garantie ni caution...)

Les clignotants étaient donc au vert, la trésorerie jugée plus que conséquente, un carnet de commandes rempli, des projets dans les cartons...

 

Et tout s'est admirablement passé jusqu'à ce que j'ouvre ce carton avec nos projets!

 

La quadruple peine !

 

Les effets quasi immédiats se sont enchaînés ébranlant à tour de rôle l'entreprise comme le vent sur un château de cartes !

 

Alors que partout,

à la banque de France,

avec Oséo,

avec mes partenaires bancaires historiques,

 

il y avait comme une émulation à savoir que l'entreprise était dans une démarche de processus conquérante et pleine d'envies, et qu'ils nous accompagnaient...

 

l'assureur lui, a commencé à prendre peur !

 

Me faisant part de ses craintes à nous voir entamer une démarche de commercialisation coûteuse en "cash", comme ils ont dit.

Alors que notre prêt devait servir justement à financer nos futurs besoins, eux voulaient qu'on garde précieusement le pécule pour nos futurs beaux jours, nous obligeant à ouvrir une nouvelle ligne de crédit ! 

1ere Peine!

 

Et comme si cela ne suffisait pas, compte tenu de la visibilité de cette future activité, par essence même incertaine et qui allait gréver la rentabilité de la boîte, ils nous ont dégradé par anticipation !

2eme Peine!

 

Je ne vous fais pas le dessin de l'acte suivant puisqu'il arriva en avalanche, les fournisseurs même historiques, avec lesquels jamais nous n'avions eu d'incidents, se sont tous donnés le mot !

Diminution des encours clients et paiement direct de certaines marchandises "au cul du camion" !

3eme Peine !

 

Bilan de l'opération de ma communication hasardeuse, en moins de 6 mois, nous avions englouti une grande partie de notre prêt, ce dernier servant à financer notre soudain besoin en fonds de roulement...

Nous n'avions plus la capacité de nous développer comme nous l'aurions souhaité!

4eme Peine !

 

Et je ne parle même pas de la peine du dirigeant et de ses cadres à rassurer les fournisseurs, ni à vouloir faire infléchir la position de l'assureur...

 

 

L'effet Papillon dévastateur


 

Sous couvert de minimiser le moindre risque existant et surtout risque à venir,

je ne pense pas un seul instant que ces hommes et ces femmes aient une quelconque idée de l'effet dévastateur de certaines de leurs décisions, pour eux somme toute anodines et qu'ils jugent comme salvatrices pour tous...

 

En tout cas salvatrice pour eux sans aucun doute !

 

Comme je l'ai précédemment écrit, nous avions de quoi faire face à cette situation, d'autant plus que 80% de notre dette clients était signée par des clients publics !!!

Cela démontrait peut être leur défiance vis à vis de l'état Français !

 

Je suis conscient des défaillances d'entreprises dues à des impayés

et c'est insupportable !  mes propos ne sont certainement pas de les cautionner.

 

Mais dans un contexte économique difficile, des décisions irresponsables de cette sorte sont certainement le meilleur moyen de déstabiliser la moindre entreprise un peu fébrile et peut avoir sur elle un effet accélérateur des tensions et difficultés latentes,  sans compter les interrogations  des fournisseurs provoquées par un arrêt brutal de couverture.

 

Je me suis souvent demandé et parfois imaginé, comment faisaient les structures moins bien loties que nous ?

Tous ceux jetés dans la tourmente pour les désidératas d'un Bac +5 tout fraîchement nommé, couvert systématiquement par son hiérarchique. 

J'ai donc une pensée pour toutes ces petites structures qui se voient propulser du jour au lendemain dans une spirale baissière dont ils ne sont même plus responsables et dont ils se seraient bien passés !!!

 

L'irresponsabilité de ces bien-pensants, qui sont malheureusement incontournables, accouplée à leur soif de toute puissance a certainement été l'effet déclencheur de fermeture d'entreprises et de licenciements...


Maintenant, si c'est pour donner l'activité de cotation à des agences de notation, comme celle qui a maintenu une bonne note à la sté Enron jusqu'à 4 jours avant sa faillite, je relativise un peu mes propos ...

 

certains politiques sous couvert de comprendre les situations qu'ils ont amorçées, appellent cela, lors de leurs méa culpa :

"Responsables mais pas coupables"...

 

 

 

 

 

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