Quand on veut gagner la GUERRE, les guerriers ont besoin de messages clairs !

March 31, 2020

 

 

L'injonction contradictoire de devoir travailler et en même temps de rester confiné est difficilement compréhensible sans une explication claire, compréhensible de la part de nos dirigeants.

 

Les propos que la ministre du travail a tenu au sujet du supposé manque de « civisme » des entreprises du bâtiment est proprement scandaleux. Madame Pénicaud s‘inquiète du soudain ralentissement économique et prend maintenant pour responsables les entreprises qui auraient cédé abusivement aux sirènes du chômage partiel.

 

A en croire la ministre, le Président a déclaré la Guerre et les entreprises du Bâtiment ont capitulé devant l'ennemi !

 

En désignant les travailleurs déclarés en chômage technique comme des abus et des dérives des entreprises, ne faut-il pas plutôt y voir, un manque d'humilité !

L’ennemi était inconnu, elle ne pouvait pas savoir, encore moins imaginer ses conséquences économiques, mais de là à accuser les entreprises quel cynisme !

On peut difficilement critiquer de devoir mettre dans la balance l'équilibre économique de la nation et le choix de préserver des vies, mais il faut savoir assumer ses choix.  

 

 Personne, hormis notre ministre du travail, ne pourrait comprendre que des milliers de salariés du Bâtiment n’aient pas les mêmes droits que les autres. A moins que nos compagnons ne soient des salariés de second ordre ?

 

Virez moi le chef de la Communication !

 

Je ne jetterai pas la pierre à ceux qui nous ont dit des semaines durant ce que nous voulions entendre. "Cette épidémie n’est pas plus grave qu’une méchante grippe!", d'autant plus qu'ils se mariaient bien avec les discours mielleux de nos politiques de début d'année. Après nous avoir sagement laissé croire que nous passerions entre les fines particules de Coronavirus, nous avons eu droit à une pluie ou plutôt une douche froide de nouvelles directives aussi soudaines que contradictoires. 

 

 

5 jours et 3 discours !

 

Lors de son premier discours le président de façon aussi brutale que maladroite, comme à son accoutumée, a jeté le trouble sur la perception de tous quant à la réalité environnante. Il a persisté à annoncer des mesures contradictoires comme l’ouverture des bureaux de vote sans risques et la fermeture des établissements scolaires avec risques. Nous étions alors le jeudi 12 mars 2020 au soir.

 

De façon encore plus brutale et symptomatique 2 jours après, le samedi 14 mars 2020, sans aucune concertation ni signes avant-coureurs, quasiment tous les commerçants se sont vus obligés de fermer purement et simplement leurs échoppes.

 

2 jours encore se sont suivis où cette fois de façon anxiogène, Monsieur Macron a encore plus jeté le trouble dans la population. Dans son discours du 16 mars 2020 aussi surréaliste que dérisoire, le Président instaurait un confinement général.

 

Le Chef de l'Etat nous indiquait clairement : "nous n’avons ni masques, ni gels, ni tests et nous avons tardé à prendre conscience de la gravité de la crise, le confinement général est aujourd’hui la seule solution qu'il nous reste pour combattre le virus" !!!

 

De façon subtile, il laissait aussi aux entreprises le libre arbitre de la continuité de leur activité et c'est là où tout est devenu inaudible !

 

Même s’il ne l’avait pas dit, ses mots ne sous entendaient pas que les entreprises devaient déterminer en toute libre conscience de continuer leur activité, mais de prendre en charge une responsabilité dans la crise sanitaire...

 

 

La sécurité et rien d’autre !

 

 

Laisser les salariés sur les chantiers c’était accepter des cas de déclarations de Coronavirus dans le cadre de ses fonctions professionnelles. C’était aussi se poser bien des questions sur la capacité du dirigeant à gérer du sanitaire...

 

  • Avait-il mis tous les moyens nécessaires en sa possession pour éviter tous risques

  • Avait-il déjà analysé la situation dans son Document Unique ?

  • Pouvait-il donner des consignes sécurisantes aux compagnons dans leur façon de se comporter au travail? 

  • Son PCA, Plan de Continuité d'Activité, était-il suffisamment détaillé pour faire face aux événements ? 

  • Avait-il pu proposer des masques de travail qui font défaut aux personnels soignants ?

  • Avait-il en sa possession les gels nécessaires pour se protéger ponctuellement du virus ? ( les Masques et les gels de nos fournisseurs étaient depuis longtemps réquisitionnés par le gouvernement...)

 

Et le salarié, qui s’en souciait ? Était-il suffisamment serein en rentrant chez lui pour retrouver un parent âgé, un parent malade, une personne plus faible et plus sensible ?

 

Pour les entreprises, les informations et les messages d’alertes n’étaient pas suffisamment clairs pour pouvoir anticiper raisonnablement cette pandémie.

 

Il n’est certainement pas de mon ressort de planifier une crise sanitaire et il est certain que la tâche doit être rude. Je mesure parfaitement le sens de l’épreuve. Mais comment expliquer que depuis début janvier, soit plus de 2 mois après les premières alertes, nous n’ayons pu anticiper autre chose que de nous laver les mains fréquemment et de nous moucher dans nos coudes ?

 

Surprenant pour ne pas dire étrange, les coordinateurs SPS des opérations, c’est-à-dire les responsables de la sécurité sur les chantiers, ne sont pas intervenus compte tenu des risques et du contexte. N’auraient-ils pas dû être réquisitionnés par le ministre de la santé pour donner des lignes directrices fermes de travail dans un contexte aussi déstabilisant ?

 

Et si on coupait les vivres aux entreprises?

 

On n’a pas laissé 2 mois aux entreprises pour se retourner !

 

Dès le discours du jeudi 12 mars au soir, l’affaire était pliée.

 

Suite au premier discours du président, il aurait fallu que les entreprises fassent le ravitaillement pour les chantiers à venir.

 

Le lundi 15 mars il était trop tard, seuls 2 fournisseurs de bois sur Clermont-Ferrand, 2 irréductibles gaulois, livraient encore de façon planifiée et limitée. La situation a duré 2 journées.

 

Comme le quidam au drive d’un supermarché, les compagnons attendaient patiemment à l’extérieur qu’on charge leurs camions.

 

Mercredi 18 mars, soit moins d’une semaine après le premier discours du Président de la République, tous les fournisseurs étaient devenus inaccessibles.

 

En l’espace de 3 jours ouvrés, un à un les fabricants, les négoces, les quincailliers ont jeté l’éponge. Ils n’ont plus maintenu les circuits de production et de distribution normal. Seuls les services de commandes par internet étaient encore envisageables. Pour des boites de vis et des poignées on peut grandement l’envisager pour des panneaux de bois difficilement.

 

Les entreprises travaillant à flux tendu, on comprendra aisément qu’elles ne pouvaient continuer longtemps leur activité. Quand tous les distributeurs ont fermé, il était logique que les fabrications dans les ateliers ne puissent continuer encore que quelques jours, mais dans quelles conditions sanitaires???

 

Il aura donc fallu 3 jours ouvrés pour gripper le circuit d’approvisionnement. Les annonces si violentes et soudaines ont, elles seules, mis le feu aux poudres.

 

Ce n’est pas le coronavirus qui a mis les entreprises à genoux, ce sont les annonces et les méthodes du gouvernement.

 

Sans aucune concertation, sans aucune anticipation possible, les entreprises se sont retrouvées devant le fait accompli.

 

Un vrai château de cartes

 

Dès le lundi 15 mars 2020, les chantiers ont commencé à s’arrêter en cascade.

Bon nombre d’entreprises ont arrêté leurs interventions suite aux décisions du Président de la République le lendemain 16 mars 2020.

 

C’est la mort dans l’âme que nombre d’entre nous ont dû cesser leur activité et mettre leurs salariés à l’arrêt. Nous n’ignorions pas les conséquences désastreuses de cette décision pour nos structures mais nous avons fait ce sacrifice en conscience et en toute responsabilité.

 

Comment pouvaient-ils penser un seul instant, ceux qui nous gouvernent, que l’on continuerait à faire courir des risques majeurs et inconsidérés à nos compagnons !

 

Sur bon nombre de chantiers nous sommes plusieurs entreprises à intervenir en co-activité et de fait, il était impossible, suite à la technicité des prestations à réaliser, de respecter les gestes « barrières » et les précautions édictées par le Gouvernement. Cette circonstance de vouloir continuer à intervenir coût que coût mettait en danger les salariés de toutes les entreprises présentes.

 

Il n’a pas échappé à la ministre du travail, que les entreprises sont responsables de la sécurité et notamment des conditions sanitaires de leurs ouvriers. 

 

Après l’annonce du 12 mars, à l’unisson, les entreprises ont signifié l’interruption physique de leurs prestations. Cela ne pouvait que désorganiser un peu plus les chantiers.

 

Tous les rouages se sont grippés. Il devenait alors impossible d’intervenir sans être bloqué rapidement.

 

De la responsabilité des donneurs d’ordre

 

Comme les entreprises, nos maîtres d’ouvrages privés et publics, donc l’état, ont eu, eux aussi, l’obligation générale de sécurité en interdisant de faire travailler en co-activité les ouvriers dans de telles conditions. Dés le 16 mars, ils ont commencé à faire parvenir des Ordres de Services d’arrêt de chantier.

Peut être que notre ministre du travail méconnaît-elle cette règle de responsabilité ?

 

Se voir reprocher de ne pas continuer son activité quand les services de l’état vous ferment les portes pour y accéder, est indécent !

 

Sans compter que tous ces arrêts brutaux de chantiers sont un risque fort de dégradations et de vols pour les bâtiments laissés, ne serait-ce que 15 jours à l’abandon. Il est vrai que le ministre de l’intérieur ne manquera pas de nous rassurer en nous indiquant « en période de confinement, les voleurs aussi sont sommés de rester chez eux ! »

 

CQFD

 

  • La chaîne de la fourniture des matériaux est interrompue,

  • les forces de l’ordre enjoignent aux salariés de ne plus circuler librement,

  • nos clients refusent l’accès aux chantiers,

  • nos salariés sont légitimement inquiets pour leur santé et celle de leurs proches.

  • Les entreprises ont toutes le devoir de protéger leurs salariés

 

Il était donc impossible dans ces conditions d’assurer un fonctionnement normal des activités.

 

 

Je n’ai qu’un mot à dire : TÉLÉ-TRAVAIL

 

A entendre à tort et à travers le Président de la République, le premier ministre, le ministre des Finances, la ministre du Travail, il faut penser « Télé-travail » pour compenser la période de confinement.

 

Savent-ils que dans le secteur d'activité du Bâtiment, la majorité des personnes ne peuvent transformer du jour au lendemain, leur activité professionnelle en la délocalisant chez eux ? Un ministre certainement, un plombier, un menuisier difficilement ? 

 

 

Salauds de profiteurs !

 

Maintenant que les engagements ont été criés haut et fort par le chef de l’état, il va falloir assumer.

 

  • Assumer l’afflux massif des nouveaux inscrits,

  • Assumer les remboursements du chômage partiel aux entreprises qui financent les salaires pour l’instant, et notamment la part qui n’était jusqu’à présent pas remboursée aux salariés (30 % du salaire brut base de 35 heures),  

  • Assumer que rien n’a été préparé et que tout a été annoncé dans la précipitation et sans concertations.

  • Assumer ses incompétences et ses errances.

 

J'oubliais aussi de dire que la ministre s’était bien privée d’annoncer que les Direccte avaient eu pour consigne de geler les autorisations de Chômage partiel aux entreprises du Bâtiment.

 

Là, le message était clair  et suivi !

 

 

 

 

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